Agriculture
Au XIXe siècle, les vieilles traditions agricoles sont solidement implantées; mêmes techniques, mêmes instruments, mêmes méthodes et mêmes cultures qu'au siècle précédent, ou à peu de chose près, ce sont les mêmes moeurs agricoles que les ancêtres avaient déjà vécus. Cependant, ce siècle voit des efforts nombreux en vue d'améliorer le rendement des terres, diversifier les récoltes, multiplier les procédés.
Rivière-Ouelle et les autres paroisses du Bas-Canada pratiquent un type de culture que l’ouverture de l’Ouest Canadien va bientôt lui faire abandonner. Lentement, très lentement, on délaissera la culture pour faire l’industrie laitière; le blé du Manitoba étouffera le blé du Québec; on produira du lait, du beurre, du fromage; on fera de l’élevage. C’est là la grande mutation agricole de toute l’histoire de Rivière-Ouelle; et ces changements n’iront pas sans difficultés; jusqu’au régime seigneurial qui en subira des contrecoups, car les habitants qui produisent moins, le trouvent maintenant lourd à porter; les rentes sont onéreuses; le droit de mouture encore plus; le droit de péage sur le pont également. Il y aura aussi la dîme qui s’en ressentira, à tel point qu’on la modifiera en capitations.
La révolution agricole va s'accentuer dans la région à partir du moment où une École d'Agriculture est créée, en 1859 à Sainte-Anne; cette école est l'une, sinon la plus ancienne d'Amérique.
Par la suite, au XXe siècle, le secteur de l'agriculture où il y a le plus de changements est sans contexte l'outillage; rares sont les fermes de Rivière-Ouelle qui depuis le début du siècle ne se sont pas équipées d'instruments mécaniques; le début du siècle a vu apparaître les faucheuses, les moissonneuses, les herses, les charrues, d'abord tirées par des chevaux, puis par des tracteurs, de plus en plus puissants, de plus en plus gros. La moissonneuse s'est transformée en moissonneuse-batteuse; la faucheuse s'est adaptée au tracteur, et avec elle nombre d'autres instruments, les râteaux, herses à disques, pelles mécaniques, souffleuses à neige, etc.
Il y eut plus de changements dans le secteur agricole depuis 1900 que les 200 années précédentes. L'industrie laitière est maintenant la principale activité agricole de la paroisse.

Pêche
Tout au cours du XIXe siècle, la pêche n'a pas cessé d'intéresser les résidents de Rivière-Ouelle… On a même vu que des gens de Sainte-Anne venaient tendre leur filet dans l'Anse aux Iroquois, à cause de la grande quantité de poissons qu'on y prenait.
Quant aux pêches à marsouins, il ne semble pas qu'il y ait eu relâche, ou qu'on ait abandonné de la tendre. Joseph Bouchette dans son rapport, en 1832, disait qu'à Rivière-Ouelle « est établie à la sortie de la rivière une très productive pêche aux marsouins, détenue en société par plusieurs individus... ». On a même vu que David Têtu a cherché des trucs nouveaux et plus efficaces pour capturer le marsouin. On croit même qu'en outre de la pêche de la Pointe, il s'est fait des essais de pêche aux marsouins, près du quai à la pointe aux Orignaux.
On est sûr pour le moins de l'existence de deux pêches; l'une aux petits poissons : saumon, loche, sardine, éperlan, esturgeon, etc..., à la pointe du nord-est de la Petite-Anse, dont on a déjà fait l'historique; et la Grande Pêche aux marsouins de la Pointe.
La pêche aux marsouins à fait vivre environ huit générations Riveloises. Elle a existé pendant 230 ans. Il n'en reste aujourd'hui qu'un souvenir « folklorique » dans l'esprit des plus âgés de la paroisse. Il nous est apparu que le marsouin pour Rivière-Ouelle joua le même rôle que le castor jadis, pour la Nouvelle-France. L'un et l'autre, objet des convoitises, au temps de son abondance, furent ensuite abandonnés, lorsqu'ils se firent rares, et que d'autres produits plus « à la mode » les eussent supplantés. Le marsouin méritait de figurer sur les blasons de la paroisse au même titre que le castor règne en place d'honneur sur les armoiries du Québec.
A peu près à la même époque où la pêche aux marsouins était abandonnée, un autre type de pêche allait prendre son essor : la pêche aux anguilles. En réalité, l'anguille devait constituer une source de revenus appréciables à partir des années ’50 jusqu'en 1970. Si le nombre des prises ne paraît pas avoir augmenté dans ces années, par contre le nombre pêcheurs s'est multiplié, attirés par le prix à la hausse de ce poisson.
De nouveau la pollution s'acharne sur Rivière-Ouelle et lui fait perdre une mine précieuse de revenus : en effet, en 1970, le gouvernement du Québec interdisait l'exploitation de l'anguille dans le fleuve Saint-Laurent, par suite de teneur en mercure des eaux et de la contamination du poisson. Comme à Rivière-Ouelle les pêcheurs avaient déjà tendu leur pêche, le gouvernement les dédommagea pour une somme équivalant à environ 70% à 80% de leurs prises annuelles moyennes.
Aujourd'hui, la pêche est davantage un loisir plutôt qu'une source de revenu. La rivière Ouelle et le fleuve Saint-Laurent tracent agréablement les frontières de notre paroisse, et nous offrent un magnifique paysage!

Tourisme
Les champs, les cours d'eau (fleuve et rivière) et le magnifique coucher de soleil font de Rivière-Ouelle un site enchanteur pour les résidents et pour les vacanciers. C'est à partir de 1940 que Rivière-Ouelle développe davantage son potentiel touristique. Petit à petit des résidences se construisent près du Quai et près de la chapelle.
Un peu plus tard, vers 1960, la résidence du curé Lemieux s'est restaurée en auberge nommée La Villa Fleur des Bois. Puis en 1985, la Corporation Touristique de Rivière-Ouelle inaugure le Camping de Rivière-Ouelle. Coté quatre étoiles par Camping-Québec depuis 1992, le camping de 200 emplacements, situé sur les rives du Saint-Laurent, accueillent plus de 7 000 personnes chaque année.
Aujourd'hui, le Camping de Rivière-Ouelle est l'attrait touristique majeur de la municipalité. Bien sûr, la conservation du patrimoine, telles l'église Notre-Dame-de-Liesse et l'École de rang Delisle, donne à Rivière-Ouelle une grande beauté architecturale.
Source : Paul-Henri Hudon, « Rivière-Ouelle 1672-1972, Rivière-Ouelle de la Bouteillerie.
3 siècles de vie. », Comité du Tricentenaire, 1972, p. 408 à 447.
Tourbières Lambert
En 1929, F.-X. Lambert, le grand-père des propriétaires actuels, Daniel et Gabriel, se portait acquéreur de la tourbière de Rivière-Ouelle. Très tôt, son fils Richard, un agronome compétent et dynamique, comprit la valeur de la ressource et passa sa vie à la développer, devenant ainsi l'un des pionniers de l'industrie de la tourbe en Amérique du Nord.
Les Tourbières Lambert exploitent toujours la tourbière originale de Rivière-Ouelle, en plus de six (6) autres tourbières situées sur les rives nord et sud du fleuve Saint-Laurent, totalisant une surface de 16 000 acres de tourbières à sphaigne.
Richard Lambert et ses fils sont des références dans l'industrie de la tourbe en Amérique du Nord. Leur technologie est basée sur le séchage naturel de la tourbe, la récolte par aspirateur et un processus de tamisage des plus performant. Cette technologie a atteint un niveau sans précédent de spécialisation, en réponse à la demande sans cesse croissante d'un marché toujours plus exigeant. Aujourd'hui, Lambert est un chef de file dans le traitement et la commercialisation des différents types de tourbe et de ses sous-produits.
Parce que Lambert crée, développe et modifie ses propres équipements, Les Tourbières Lambert sont en mesure de faire toutes les transformations physiques de la tourbe, ce qui leur permet de produire et de commercialiser la plus vaste gamme de produits à base de tourbe de l'industrie et ce à une qualité inégalée.
Source : Les Tourbières Lambert inc., 25 juillet 2007.