Restaurateur de l'ex-voto
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L'origine du tableau demeure nébuleuse. Nous ne connaissons ni l'auteur, ni les circonstances entourant la création de l'ex-voto Notre-Dame-de-Liesse de Rivière-Ouelle, mais il compte parmi les plus importants ex-voto au pays, tant pour sa taille surdimensionnée, que pour son iconographie mystérieuse et singulière.
Un ex-voto est un objet offert en remerciement d'un voeu ou en reconnaissance d'une grâce obtenue. Un ex-voto peint représente souvent un drame vécu, une catastrophe ou un accident, au cours duquel l'intervention divine sauve la victime implorante.
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Une fois remis de ses émotions, le miraculé, suivant le voeu qu'il a fait, commande à un peintre un tableau qui représente son expérience. Il offre ce tableau à une église pour qu'il y soit exposé. L'artiste est souvent un peintre amateur qui demeure anonyme. Certaines attributions ont été tentées par des historiens, mais sont pour la plupart remises en question aujourd'hui. C'est plutôt le commanditaire et donateur de l'oeuvre que l'histoire a retenu et qui est identifié par le titre. Les ex-voto sont parfois des représentations naïves et savoureuses des croyances populaires. Leur caractère descriptif et souvent minutieux en fait aussi des témoins de la vie quotidienne en Nouvelle-France.
Selon le spécialiste montréalais de costumes, Francis Back, ce tableau constitue un témoignage capital sur l'adaptation vestimentaire des premiers colons au climat nord américain, humblement vêtus « à la canadienne.» Selon lui, c'est en effet la meilleure représentation de personnages vêtus à la canadienne datant du régime français. M. Back placerait cette oeuvre aux alentours de 1730.
Longtemps, les tableaux dans nos églises ont été surpeints de façon inconsidérée, soit pour camoufler la saleté, des dommages ponctuels ou pour en modifier l'apparence selon le goût du jour. Chose certaine, les surpeints sont presque toujours exécutés moins habilement que l'oeuvre originale. Ils peuvent également masquer beaucoup d'informations, comme les subtilités des couleurs originales et même des éléments de la composition. Les approches contemporaines en restauration préconisent donc le retrait des surpeints, au profit du travail original de l'artiste et dans l'espoir de découvrir des surfaces ou des matériaux cachés pour enrichir les connaissances de notre culture matérielle.
L'oeuvre est parvenue au CCQ en Octobre 2001, mais le traitement a démarré un an plus tard en Septembre 2002. La restauration a été complétée en avril 2005, après environ 1200 heures de travail.
Michael O'
Malley
Mai 2005