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Les églises
La première chapelle
Le 22 août 1685, le desservant Thomas Morel accepte officiellement la donation de 4 arpents de terre désertée faite par le seigneur Deschamps, pris à même son domaine, pour la construction d'une église. Les travaux commencent immédiatement. L'église est terminée le printemps suivant par le menuisier Eustache Fortin de Cap Saint-Ignace. Elle était, disent les Archives de l'Évêché de Sainte-Anne, lambrissée partout en dedans de planches bien blanchies. Elle était située dans le cimetière actuel, à l'emplacement marqué par le monument commémoratif de 1685.
La suite de l'histoire de cette chapelle est nébuleuse. Il semble bien qu'elle ait été remplacée assez vite. En effet, l'abbé Alphonse Têtu écrit, en 1908 : « La première chapelle (1685) étant devenue trop étroite pour contenir la population qui augmentait par le développement naturelle des familles et par l'arrivée des nouveaux colons, Mgr. De Saint-Vallier engagea les habitants à construire une église (1694). M. de Requeleyne [curé de 1691 à 1718] se mit à l'oeuvre et exécuta l'ordonnance de son évêque. L'église qu'il construisit était en bois, située à l'endroit de la première chapelle [...]. »[1]
Quand l'a-t-il construite? Nous ne pouvons le préciser. Nous ne savons même pas avec certitude si elle était de bois ou de pierre, puisque le dénombrement de 1725 la présente comme une église en pierre alors que l'abbé Têtu la dit en bois. En aurait-on tout simplement amélioré la charpente, comme le pense l'historien Paul-Henri Hudon? Quoi qu'il en soit, l'édifice construit sur cet emplacement est agrandi deux fois.
La deuxième église
La deuxième fois, en 1766, on lui ajoute 33 bancs. Il faut dire que la population recensée en 1762 est maintenant de 819 habitants. Cet édifice ainsi transformé est la deuxième église, dont les fondations ont été découvertes par les archéologues lors des travaux d'aqueducs et égouts à l'été 2007.
Troisième Église
Monseigneur Bernard-Claude Panet, curé de 1781 à 1825, fait ériger une nouvelle église en pierre dont la construction s'étend de 1792 à 1794. Située légèrement plus à l'est que la précédente; cette église a les mêmes fondations que l'église actuelle. Elle avait 134 bancs. La première pierre est bénite 27 juin 1792; l'église elle-même est bénite le 1er octobre 1794. Elle coûte environ 90 000$. Elle avait une voûte étoilée, de nombreux jubés et son lambris extérieur, d'abord blanchi à la chaux, est ensuite peinturé en jaune et plus tard en rose. Monseigneur Panet se charge par la suite d'en faire l'ornementation intérieure et de la doter de nombreux vases sacrés de valeur. Les tremblements de terre, si fréquents à Rivière-Ouelle, ont eu raison de cette église. Après ceux de 1860 et de 1870, on doit faire expertiser les murs de l'église. Dans les deux cas, on en arrive à la conclusion que l'on peut réparer les dommages. Mais dans les années qui suivent le tremblement de terre de 1870, des paroissiens mettent en doute la solidité de leur temple et le coût des réparations. Ils veulent une nouvelle expertise et éventuellement une nouvelle église située sur les Coteaux. Finalement, on leur donne en partie raison : on va construire une nouvelle église, mais sur le même emplacement.
Quatrième église
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David Ouellet de Québec trace les plans de la quatrième église, François Soucy de Saint-Antonin en est l'entrepreneur pour la maçonnerie et le charpente alors que Joseph Dion de Saint-Hénédine est responsable de la menuiserie intérieure, de la peinture et de la dorure. L'église dite de 1877 est bénite le 10 novembre 1877, mais les travaux ne sont vraiment terminés qu'en 1880. Le clocher principal était à deux étages. En 1905, le curé Delisle fait installer un carillon de 4 cloches. Ces cloches viennent d'Annecy, en France, et sont importées par Émile Morissette.
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Leur installation pose un problème pose un problème : le clocher originel ne peut pas supporter les 7 521 livres d'airain de ce carillon. Il faut donc refaire le clocher d'origine. Émile Morissette s'en charge et installe le carillon dans le clocher neuf pour un coût de 2 506,19$. Le petit clocher, tout en étant très semblable au clocher d'origine, a lui aussi été refait; on note, par exemple, qu'il est plus effilé que l'ancien.
Bénit par le cardinal Bégin, ce carillon donne les notes mi bémol, fa, sol et si bémol. C'est un des meilleurs carillons de la région. Et le coq de cuivre au sommet du clocher est une réalisation de Georges Dubé pour les Fêtes du Tricentenaire de 1972.
Source : Ulric Lévesque, Gemma Deschênes, Thérèse Bouffard, Hélène Gagnon, Mérielle Paradis et Jude Bonneau, « 325 ans... Une grande famille! Rivière-Ouelle vous accueille 1672-1997 », Corporation du 325e anniversaire de Rivière-Ouelle, 1997, p. 149 à 151.
Légende concernant la dévotion à Notre-Dame-de-Liesse
Vers l'année 1134, trois nobles frères de la race des Francs et de l'illustre Maison d'Eppes avaient abandonné la maison paternelle pour s'enrôler dans l'Ordre des Chevaliers de s.Jean-de-Jérusalem. Cette croisade avait pour but de défendre le tombeau du Christ. Un jour qu'ils repoussaient vigoureusement une attaque des Sarrasins, ils furent pris par ruse et jetés aux fers.
Le Sultan d'Égypte chercha alors à les gagner à la religion de Mahomet, mais bien inutilement. Vaincu, il envoie sa propre fille avec l'ordre de triompher de leur constance dans la foi. Les chevaliers francs lui parlent de leur religion; la princesse veut à tout prix contempler une image de cette Vierge Marie dont les prisonniers lui ont fait tant de louanges. C'est alors, qu'après une prière fervente, ils reçurent du ciel une statue de la sainte Vierge Marie qui est assise et qui tient l'Enfant-Jésus sur ses genoux.
À sa vue, la princesse se déclare chrétienne et forme le dessin de s'enfuir du pays des infidèles avec les trois chevaliers francs.
Le ciel vint à leur secours des bords du Nil, ils furent transportés avec la statue miraculeuse au milieu de leurs propres domaines situés en Picardie (France). Ce retour inespéré causa une si grande joie à tous les peuples d'alentour qu'ils s'empressèrent de bâtir un temple pour y honorer l'image miraculeuse sous le nom de « Notre- Dame-de-Liesse ».
Bientôt des troupes innombrables de pèlerins y affluèrent. Ainsi, le Souverain Pontife Pie IX accorda, en l'année 1857, le couronnement solennel de Notre-Dame- de-Liesse, sous le titre de Mère de Grâce et, de plus, une fête commémorative qui sera célébrée tous les ans, sous le même titre, dans l'église et la paroisse de Notre- Dame-de-Liesse située dans l'Ainse, à quelques kilomètres de Laon en Picardie. C'est un lieu de pèlerinage célèbre dans toute la France. Notre-Dame- de-Liesse, « source et cause de notre joie» est de plus, la patronne du diocèse de Soissons.
C'est certainement cette dévotion à Notre-Dame-de- Liesse qui a été amenée par des colons, des matelots et des soldats français qui se sont établis en Nouvelle-France.
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L'ex-voto « Notre-Dame-de-Liesse », que nous retrouvons dans notre église paroissiale, est un tableau peint et offert en reconnaissance d'une grâce obtenue. Ce sont trois soldats français qui ont été attaqués lors d'une embuscade. La Vierge et l'enfant sont apparus au survivant des trois soldats; celui-ci a promis qu'il offrirait un tableau qui représenterait son expérience à la première église qu'il rencontrerait sur son chemin et c'est â Rivière-Quelle qu'il est arrivé. Ce tableau est une huile sur toile de 250 cm par 189 cm; l'auteur est anonyme.
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Selon le spécialiste montréalais de costumes, Francis Back, ce tableau constitue un témoignage capital sur l'adaptation vestimentaire des premiers colons au climat nord- américain, humblement vêtus « à la canadienne.» Selon lui, c'est en effet la meilleure représentation de personnages vêtus à la canadienne datant du régime français. M. Back placerait cette oeuvre aux alentours de 1730.
L'oeuvre a été restaurée au Centre de Conservation du Québec à partir de septembre 2002. La restauration a été complétée en avril 2005, après environ 1200 heures de travail. La Fondation du patrimoine religieux a assumé 85% du coût des travaux de restauration de l'ex-voto.
Au-dessus du tabernacle, nous retrouvons une statue en bois de Notre-Dame-de-Liesse, Deux autres églises au Québec ont aussi leur statue de Notre-Dame-de-Liesse: au Gesü à Montréal et à Deauville, dans la banlieue de Sherbrooke.
Prière d'intercession à Notre-Dame-de-Liesse
Dieu notre Père,
par l'intercession de Notre-Dame-de-Liesse que tu nous as donnée comme patronne, nous
Te prions de jeter un regard bienveillant sur chacun des membres de notre communauté chrétienne.
Donne-nous la grâce d'être des témoins de ton Amour, auprès de ceux et celles qui souffrent dans leur coeur et leur chair.
Par Jésus le Christ Notre-Seigneur. Amen.
[1] Abbé Adolphe Michaud, Généalogie des Familles de la Rivière-Ouelle, p.XVs.
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